Il m'a fallu atteindre l'age de 22 ans pour admettre que j'avais ete un enfant maltraite.
J'avoue meme aujourd'hui, que j'hesite de dire ce mot,
Je ne m'en suis pas rendu compte...je trouvais cela normal...
Je ne pensais pas etre un enfant maltraite...
Dans ma famille, le vouvoiement etait obligatoire envers mon pere.
Je n'ai jamais prononce le mot Papa, si ce n'est dans ma tete.
Chaque chose que je faisais, mais qui ne plaisait pas a mon pere
etait immediatement reprimande le soir meme soit par une fessee,
soit par des coups de ceinture.
J'etais bon eleve, mais il m'arrivait des fois, de me laisser aller...
lorsque j'apportais une note qui ne lui plaisait pas, il se mettait en colere,
il defaisait sa ceinture, et m'envoyait dans ma chambre, et me frappait ...
Le pire etait quand je rentrais en retard pour le diner, a 5mn pres,
c'etait la derouillee, coups de poing et coups de ceinture...
C'etait normal, une regle n'avait pas ete respectee, je recevais une punition,
je l'admettais...
Mais je ne lui en voulais pas, au contraire il s'occupait de moi....
Je ne me sentais pas maltraite...
Apres mon retour du camp scout, je faisais des betises,
je cassais des objets volontairement, je n'ecoutais pas,
je ne me lavais pas, je ne me changeais pas, j'etais devenu grossier,
je ne respectais plus les horaires des repas,
en fait je faisais tout pour enerver mon pere, et cela tous les jours...
C'etait ma facon de lui montrer que quelque chose n'allait pas...
Je ne pouvais pas lui dire que mon chef de camp m'avait viole...
Alors mon pere me frappait pratiquement tous les jours, jusqu'au jour ou
je me suis revolte et l'ai menacer d'un couteau de cuisine.
Il m'a desarme tout de suite, et pour me punir,
il m'a battu a coups de poing, a coups de pied, a coups de ceinture...
pourtant j'avais l'habitude des coups, mais la c'etait une autre histoire...
ca faisait mal, tres mal...
a un moment, je ne sentais meme plus rien, et
pourtant je voyais qu'il continuait a me frapper...
Je ne suis ressorti de ma chambre, que pour me rendre au pensionnat.
C'est d'ailleurs, dans ce pensionnat, en fevrier dernier, en consultant
les notes du Docteur et de l'assistante sociale que j'ai lu pour la premiere fois,
ce mot: MALTRAITANCE